Leurs territoires intérieurs

 

Dans un monde en perte de signification de la matérialité du corps qui nous oblige à trouver des interstices de vie pour nous reconnecter, la photographie argentique et expérimentale, telle que les deux photographes la pratiquent c’est-à-dire dans une forme de ballets d’agrandisseurs qui jonchent une pièce de 40 m² où elles voguent d’un agrandisseur à l’autre, matérialisant ainsi des images où l’acte photographique met en scène le passage vers leurs mondes intérieurs, leur permet d’être dans un rapport au corps entier et direct. Le geste de la mise en forme photographique nécessite alors une incorporation et une intention précises.  À cet instant, le corps devient le véhicule qui permet de matérialiser l’œuvre dans son existence propre. La lumière devient acte graphique et les traits œuvrent à eux seuls à s’inscrire dans une nouvelle histoire.

 

De la rencontre de leurs univers photographiques est né le désir de s'interroger sur l'intériorité et les espaces de liberté consciente et inconsciente face aux différentes étapes de la vie. Les autoportraits, la juxtaposition, la superposition, les techniques utilisées font référence au palimpseste et le travail resitue l’être vivant dans l’ordre du sacré. Toutes les histoires qui composent l’être, à la manière d’un palimpseste, forgent son identité ; elles l’invitent, en le révélant, à s’accepter comme faisant partie du monde.

 

Dans ce réseau d’images, une dynamique s’installe entre les photos, et les accidents résultant du processus de superpositions et d’associations se marquent comme une écriture entre les lignes, un écart qui apporte un signifiant autre. Le jeu entre les différentes lectures possibles ouvre aux questions de temporalité et de passage, à celles du féminin et du corps, dans sa matérialité et sa géographie intérieure. L'ensemble de l'œuvre oscille entre étrangeté et familiarité. Là où se manifeste la porosité des frontières entre les images, entre l'intérieur et l'extérieur, entre l’ombre et la lumière. 

 

 

Biographie

 

Mélanie Patris et Nathalie Hannecart collaborent depuis 2018 dans un projet expérimental qui lie diverses formes d’écriture photographique, et ce, au départ d’un travail sur l’autoportrait et le féminin dont le thème s’élargit au fil du temps. Elles ont également entamé un projet d’écriture autour du concept de collaboration photographique. 

Leurs travaux personnels ont été exposés en Belgique et à l’étranger (France, Pologne, Roumanie, Espagne, Angleterre, USA, Inde). Leur travail commun, quant à lui, a été exposé au Centre de la gravure et de l'image imprimée à La Louvière(B) (novembre 2019), lors du Festival international de Photographie expérimentale à Barcelone (ES) (EXP.20, janvier 2020) et au Centre culturel de Waterloo (B) (mars 2020). 

Nathalie Hannecart encadre depuis 2015 un atelier de photographie dans le secteur des activités culturelles de l’Université de Namur. Toutes deux proposent régulièrement des workshops portant sur la pratique de la photographie expérimentale. 

Elles ont d'autres collaborations en cours liées au monde de la création sonore et plastique. 

 

 

©2020  Mélanie Patris – Tous droits réservés — All rights reserved.                                                                                                                                                                 melaniepatris@hotmail.com

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